Ma Championne...

Cette chanson est tout simplement magnifique... C'est à toi que j'ai pensé en l'écoutant


==> Ta fidèle Groomette

# Posté le mardi 13 octobre 2009 13:06

Modifié le mardi 13 octobre 2009 16:00

Instinct

Instinct
Irrésistible appel de tes joues rebondies...



Vous avez raison. Il faut s'aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l'écrire, et puis il faut se baiser sur la bouche, sur les yeux et ailleurs.
Victor Hugo
Lettre à Juliette, 7 mars 1834



Joie, joues, JU!


Julie VDB

# Posté le dimanche 11 octobre 2009 13:59

SANS TOI...

SANS TOI...
LE 5 MAI 2007, cette date butoir de la fin de dix sept ans de bonheur à ses côtés. Après ce jour qui imprègne tout mon être, qui transforme mon sang, mon regard, ma chair, une question tapie au fond de moi éclot soudain en pleine lumière. Il m'a été possible jusqu'alors de ne pas y prêter attention parce que nullement confrontée de près à la mort violente d'un proche, encore plus traumatique d'un enfant, le sien, la chair de sa chair, embarquée dan le flot de l'existence, et puis soudain, après ce jour hors du temps où la sidération mentale accompagne l'arrêt de toutes les fonctions psychiques, assommée, écrasée, anéantie par tant de douleur, nous sentant tomber dans un précipice sans fin, à chaque seconde je me mets à ressentir cette absolue nécessité d'une réponse. Ne pas l'obtenir devient une déchirure quotidienne.
« Que se passe t-il après la mort ? » Et cette question en appelle d'autres, tout autant décisives : « Pourquoi je vis ? Et pourquoi est-elle partie avant moi ? »
L'idée de poursuivre dans l'insouciance n'a plus aucun sens. Le monde a cessé d'être satisfaisant. Les plaisirs de l'existence sont devenus creux et illusoires. Même avec mes amis il manque trop souvent l'essentiel. Atroce déchirure que de vouloir apercevoir la vérité au fond des yeux de chaque femme, homme croisés, ne plus se contenter des mots, ne plus entendre ces phrases vides, irréductible soif d'absolu.
Je cherche l'HOMME et je trouve un spectacle. Où est cette flamme au fond des yeux ? Où est l'espérance ?
Nous vivons tous dans le déni et moi j'ai perdu mon indifférence. M'amuser, laisser passer le temps....j'en suis devenue incapable. Faire semblant que tout va bien, qu'on est éternellement jeune, que notre plaisir immédiat est le summum de l'épanouissement...c'est insensé !

Après la mort de JULIE, il fallait que je sois en contrôle, et je l'ai été, pour ne pas perdre pieds, monter HALF, continuer comme si elle était ailleurs. Mais aujourd'hui, je ne sais plus où est ma peine. Je me suis perdue dans les méandres de ma propre tête. Où sont les larmes ? Où tout cela a-t-il bien pu disparaître ? Ma douleur est là, présente mais enfouie, prisonnière du personnage que je joue. Il n'est pas aisé d'avoir conscience des rôles que nous interprétons parce que ces histoires sont notre vie. Cela rend confus le décryptage de nos émotions. Et lorsque la douleur est intolérable, tous nos repères ordinaires sont dépassés.
Je prends conscience au fur et à mesure de mes lectures que l'intellectualisation du traumatisme ne sert à rien. Ni avant, ni pendant, ni après. Cela fait plus de cent ans que les psychanalyses essaient de se servir de ces conjectures en proposant des passerelles, les fameuses interprétations. Or, je vois très clairement que ce n'est pas la compréhension qui est utile, car tout se passe à un niveau beaucoup plus physiologique. Par la sophrologie développée par de nombreux neuropsychiatres et médecins, certains ont mis l'accent sur le pouvoir du mental pour accéder à une guérison du corps et de l'esprit. C'est stimuler un mécanisme dont on sait qu'il a un impact sur la physiologie du corps. La nature même d'un souvenir traumatique est un souvenir dissocié du reste de la vie psychique. Comme un abcès est dissocié du reste du corps par une fine membrane qui essaye de contenir l'infection. Malheureusement ce souvenir dissocié continue de vivre en nous comme un abcès qui continue de peser sur la physiologie du corps.

Alors par des méthodes comme l'EMDR ou l'hypnose, la sophrologie nous pouvons réintégrer ce souvenir traumatique, resté à part, à l'ensemble des souvenirs existants et enfin retrouver « un jour », l'espoir de vivre. Voilà pourquoi cette voie vers laquelle je me destine me passionne autant. Elle me permet de faire un gros travail personnel sur moi, pour ensuite aider les autres. J'espère être un jour à la hauteur de cette tâche. En tout cas, cette formation m'apporte une richesse intérieure, un regard différent sur le monde qui m' entoure, ces douleurs enfouies en chacun de nous, qu'il n'y a pas de degré dans la douleur et un partage du groupe particulièrement fort regorgeant d'émotion et de grande sensibilité. Chacun cherche par cette formation à trouver le chemin de la paix intérieure et cette notion de liberté.

Chaque jour qui passe, son absence m'est insupportable et pourtant le corps résiste à tant de souffrance. Où puisons-nous cette énergie pour continuer ? Dans l'espoir d'une liberté. Une notion nouvelle et étrange d'une vie avec elle autrement.

Une de mes fidèles amies m'a remis hier soir ce poème, d'un poète et peintre libanais du XIXe siècle : Gibran Khalil.
Souvent j'ai entendu et j'ai essayé de m'y tenir : nos enfants ne nous appartiennent pas. Dés leur premier cri, sortant de notre ventre.

Mais comment pouvons-nous, nous libérer de ce lien fusionnel quand nous savons qu'ils sont notre chair ? D'autant plus quand l'enfant disparaît. Il est notre mémoire, notre lien à la vie, notre raison de vivre et d'exister. Quand l'enfant n'est plus, qui sommes-nous ? Quelle est ma fonction maintenant sans elle ?

Voici ce poème qui nous laisse méditer sur le sens même du rôle de nous parents à tenir.

Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et filles de l'appel de la vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leur corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcez d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.

Kahlil GIBRAN



Pour toi, ma belle JULIE...

PASCALE




# Posté le dimanche 11 octobre 2009 13:36

Une envie de t'écrire..

Une envie de t'écrire..
Julie,

J'ai envie de t'écrire quelques mots à défaut de te parler en permanence et te demander de l'aide. Depuis un certain temps, je ne sais plus m'exprimer sur ce blog, cette impression de répétition, de déjà lu, de rabâcher, radoter comme une litanie longue et particulièrement ennuyeuse.
Que dire de plus que l'on connaît déjà. Ce combat titanesque livré depuis maintenant deux ans et quelques mois où je me bats contre moi.

"Entre deux mots, il faut choisir le moindre." Disait Paul Valery. Je commence toujours mes textes en ne connaissant ni les tenants, ni les aboutissants. Je laisse mon esprit conduire ma main au gré de mon humeur.
Je lis depuis un certain temps, des ouvrages passionnants d'un neuropsychiatre Boris Cyrulnik, grand spécialiste de la fameuse « résilience ». Ce mot si déconcertant, si incompatible à ma douleur il y a deux ans, raisonne différemment à mes oreilles maintenant.
Tout traumatisé est contraint aux changements, sinon il reste mort. Il faut pouvoir transformer cette douleur symboliquement, se représenter le contenu pour essayer quelle soit moins vive, moins douloureuse.

J'ai commencé à faire une sorte d' « auto- analyse », de cette maudite journée du 5 mai 2007 jusqu'à ce jour.
Je me suis dite qu'en écrivant seule devant ma feuille, cette scène horrible de toi allongée sur l'herbe que je ne peux décrire tellement ces images me traumatisent, je pourrais enfin me libérer et chasser ces fantômes.
J'ai commencé ce récit au début de l'après-midi ce 5 mai 2007 à 14h00. Je te vois partir sur le cross. Je t'attends au gué pour t'encourager, sachant que cet obstacle est l'avant-dernier avant l'arrivée et je peux enfin souffler et reprendre ma respiration en suspend comme à chaque départ de cross... et de loin je vois panacher HALF. Je connais cette chute, je sais..et là, je suis bloquée ma JULIE. Mes mains tremblent sur mon clavier, mes larmes coulent.

La douleur est toujours là, mais j'essaie qu'elle soit moins vive. Elle n'est jamais sortie car je crains de l'exorciser et que ce soit pire. J'ai l'impression que je la contrôle mieux en ne l'exprimant pas. Si je la laisse s'échapper, je risque de craquer ou de souffrir davantage en me libérant d'elle.
Mais c'est très lourd. Je compense cette douleur par plein de choses. Je masque, je colmate tout. Dés qu'il y a un petit trou, je le bouche en permanence pour ne pas qu'elle sorte.
Qui m'empêche d'avancer ma JULIE ? Il ne faut pas que je prenne ta mort en otage de mon blocage personnel, émotionnel.

Le jour viendra où je serai prête à évacuer ces images et peut-être seront-elles mon soulagement, ma reconquête de ma vie, repartir. Pour l'instant, je ne sais pas. Je me conforte dans celles-ci, car elles me protègent. Elle m'aide à me cacher pour réfléchir à l'avenir qui m'attend sans toi, et avec toi en moi, maintenant.
Tu ne l'aurais pas voulu. Toi cette jeune femme si dynamique, super active vivant à 200%. Tu ne serais pas restée les deux pieds dans le même sabot après un échec, une difficulté ou bien le deuil d'un de tes amis. Bastien est venu à l'improviste tout à l'heure et nous avons parlé de toi. Il me disait : « Si tu avais vécu la perte d'un ami, tu aurais rebondi pour lui, pour elle. Tu aurais su être à la hauteur de cette perte pour lui rendre hommage et lui prouver que malgré tout la vie continue. »
(Une petite parenthèse, pendant que nous discutions, mon petit papillon bleu est venu se mettre entre nous deux et nous avons compris que tu étais près de nous, merci mon amour !!!)
...mais tu étais JULIE la battante. Alors je dois rebondir pour te prouver que j'en suis capable autant que tu l'aurais été.

Ce n'est pas t'oublier que de vivre enfin puisque c'est vivre comme toi, c'est vivre avec toi.

Je me pose tellement de questions, beaucoup trop d'ailleurs. Je me fais des n½uds dans la tête, je complexifie ma vie. Je cherche à comprendre, l'essentiel. Mais il faut vivre et arrêter de comprendre.
Je suis ainsi faite, mais je ne peux pas changer du jour au lendemain, tu me connais ma JU !!!
Mais à un moment donné, je vais devoir y aller. Aller au bout de mes rêves, être ce que je veux être.
Avoir enfin cette fonction de femme libre, de faire des choses pour les autres, pour me réaliser, pour retrouver mon sourire, ma joie de vivre et quitter cette part d'ombre qui ne m'appartient plus.

Tu es ma force.

Il m'a été demandée de transformer symboliquement cette douleur, cette énergie en fusion contenue depuis deux ans, en une image ou autre chose.
J'y ai pensé longuement... comme d'habitude. Je pense que ce travail de résilience ne consiste pas à faire revenir la souffrance passée, mais au contraire à la transformer, à en faire quelque chose, un roman, l'histoire d'une vie, une ½uvre d'art, un symbole.
Pour écrire ce traumatisme sans faire revenir le passé il faut intégrer ce travail de mémoire dans un projet, une intention, une rêverie.

Pour moi, écrire, peindre est une manière de se confronter à ton absence et l'énergie de tout projet créateur se puise aux sources du traumatisme. L'art dans n'importe quel domaine ou une action quelconque de résilience consistent à renouer un lien avec l'absent, avec toi ma belle en l'occurrence et non pas à ruminer la souffrance passée. Ce moyen de s'exprimer à travers un support nous donne le pouvoir de nous faire passer de la culpabilité à la gaieté.

Je me sers de mes pinceaux pour extérioriser ma douleur à travers ma palette de couleur. La peinture est mon exutoire comme l'écriture. Les couleurs de mes mots et de mes tableaux reflètent inconsciemment cette envie de retrouver le goût à la vie, comme les couleurs de l'espoir, des teintes vives, chatoyantes, lumineuses, comme toi. Tous les jours en marchant avec ma chienne dans les champs environnants, je découvre la source même de la vie, dans la nature. J'y puise mon apaisement, je me ressource. La vie continue....
J'ai repris mes cours de sophrologie et je travaille sur la « vivance phronique » de l'esprit et de la conscience. Prendre du recul, s'observer faire, s'observer vivre, s'observer dans le futur.
J'apprends à vivre autrement. Je me prépare à l'avenir, je prépare la suite, je me prépare à être prête à revivre, mais quand ?

En tout cas, j'ai choisi ma voie professionnelle, c'est déjà un premier pas vers ma reconstruction...
Je découvre à chaque cours les bienfaits, les possibilités illimitées de la sophrologie.
L'accompagnement et l'aide que cela peut apporter à soi-même comme thérapie et aux autres.
Tu y es pour quelque chose, mon amour.

Merci d'être toujours là, près de moi. Tes signes, tes messages me portent encore plus de jour en jour.

*J'ai retrouvé ces photos d'identités. Je te trouve particulièrement rigolote dessus. Tu avais servi de modèle pour les premiers photomatons numériques ou Alain avait créé tout le système électronique. Tu avais fait la « une » des stations de montagne (La Plagne-Tignes..). Ta bouille était sur toutes les machines. Je me souviens des séances de poses avec ton petit bonnet rouge..
Je t'aime, tu me manques.

MAMAN

# Posté le mercredi 30 septembre 2009 14:05

merci à vous,

merci à vous,
Une amie m'a appris que nous avions dépassé les 500000 visites aujourd'hui. Alors je voulais vous témoigner toute ma sympathie et vous remercier de votre élan d'amour et de soutien durant deux ans et quelques mois. Je ne pensais pas un instant que ce blog perdurerait si longtemps malgré certaines critiques à son égard.
Julie reste et restera cette jeune fille pleine de vie qui a su susciter tout l'amour de ses proches. Elle est à elle seule la lumière qui éclaire chaque jour notre quotidien. Elle nous donne la force de continuer son chemin par cette vie si intense et si riche qui l'animait. Que chacun puise en elle cette lumière et cette énergie qui émanaient d'elle.
MERCI à vous tous de m'accompagner par vos témoignages qui m'apportent la force de continuer sa route, ma route pour elle, à travers elle.
PASCALE

# Posté le dimanche 27 septembre 2009 16:28

Modifié le dimanche 27 septembre 2009 16:46