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Maman et Julie,

Quand je la regarde faire, j'ai les larmes aux yeux
Mais ce n'est qu'une mère qui voudrait être le bon Dieu
Ce n'est qu'une mère qui voudrait être le bon Dieu
Pour ne jamais voir l'enfer dans le vert de mes yeux
Alors je danse vers des jours heureux
Alors je danse vers et je m'avance vers
Des jours heureux

Refrain
Je t'aime, je t'aime
Maman, maman
Je t'aime passionnément
Je t'aime, je t'aime
Maman, maman
Je t'aime simplement

Quand je regarde mon père et ses yeux amoureux
Elle sera sûrement la dernière dans ses bras à lui dire adieu, adieu
Elle a mal sans en avoir l'air pour qu'autour d'elle ceux
Qui la regardent faire ferment les yeux
Pour qu'autour d'elle ceux qui la regardent faire n'y voient que du feu

Refrain
Je t'aime, je t'aime
Maman, maman
Je t'aime passionnément
Je t'aime, je t'aime
Maman, maman
Je t'aime simplement

J'ai pas su trouver les mots
Pour te parler, je sais
Mais je pense être assez grand
Alors aujourd'hui j'essaie
Tu l'as bien compris je crois
Je t'aime en effet
Tu l'as bien compris je crois
Je t'aime pour de vrai
Tu l'as bien compris je crois
Je t'aime en effet
Tu l'as compris je crois
Je t'aime pour de vrai
Oh Maman
Je t'aime pour de vrai
Je t'aime, je t'aime pour de vrai

Christophe Maé

Il y a des chansons au gré de mes rencontres, jalonnant ma vie qui m'interpellent comme un doux murmure, d'une saveur délicate et celle-ci en fait partie. Je l'ai découverte récemment sur un CD que l'on m'a offert. Cette sensation de bien-être que l'on peut ressentir en écoutant les paroles, de cette nostalgie d'une chanson associée à un événement marquant notre vie, nous permet de nous évader et de rêver, de penser aux mots que l'on aurait aimés dévoiler ou écrire à ces moments-là.

C'est pour cela qu'aujourd'hui, j'ai envie de la partager avec vous. Car nous ne pouvons rester insensibles à cet amour réciproque d'une maman pour son enfant et de l'amour dans le sens général du mot.
Ses mots me manquent. Ces mots-là me manquent terriblement. Ne plus entendre maman, je t'aime, je t'aime passionnément, je t'aime simplement. Combien de fois ai-je attendu, je t'aime, maman. Je les entendais lors de nos réconciliations, ou les bras enlacés autour de mon cou, elle me murmurait gentiment ces quelques mots, si forts, si intenses qui ébranlent notre c½ur et nous rendent vulnérables. Ce petit mot d'amour reçu pour ma fête des mères avec une photo de VEGA et de moi que j'ai retrouvée dans tous les textes et les mots qu'elle écrivait à tous et celui-ci était pour moi. Très émouvant, encore plus maintenant de le lire sachant que ce fut son dernier message. Il date de l'année 2006, dernière fête des mères.

« Une petite rose pour ta fête,
Une petite rose remplie d'amour que je t'envoie.
Malheureusement, je n'ai qu'une simple rose, mais elle vient du c½ur.
Je te souhaite encore une très bonne fête des mères en te couvrant de bisous et d'amour.
Malgré ton pessimisme et ton caractère parfois énervant, je t'aime quand même ma maman !
Ta petite JuJu »


C'est autour de cette formule magique, « je t'aime » que s'articule cette lettre d'amour, trois mots qui tendent à n'en faire qu'un : « jetaime » il ne s'agit pas tant d'un aveu ou d'une déclaration que l'expression répétée d'un cri d'amour, un mantra, une jouissance de l'élocution. C'est un mot d'enfant, un mot sans contrainte, léger et sublime, joyeux et sacré. Des mots que l'on n'oublie pas.
« L'amour est l'eau qui arrose le jardin de ta vie. Si tu cesses de t'en alimenter, tu perdras la vie ».
J'ai perdu une partie de moi, j'ai perdu l'essence de la vie qui me nourrissait. J'ai perdu JULIE.
Je pense souvent à ma petite maman, seule dans sa maladie, son refuge, son silence. Ses mots qu'elle ne dit plus, cette mémoire qu'elle a perdue. Elle fut l'amour de ma vie, ma confidente, mon amie, ma maman. Elle me consolait de mes chagrins d'amour, de mon manque de confiance en moi. Elle me rassurait, me protégeait de cet amour qu'elle me donnait sans compter, sans juger, cet amour inconditionnel. Elle m'aimait simplement. Combien de fois, m'a-t-elle serrée dans ses bras si caressants, si ouatés me disant lorsque mon chagrin n'était que détresse : « si je pouvais te donner ma sagesse, ma chérie, et te dire que la vie est ainsi faite, que les échecs font grandir... » Si elle savait maintenant que ses paroles prononcées il y a bien longtemps sont encore gravées dans ma conscience à jamais comme une litanie et que chaque jour qui passe me rapproche de sa pureté d'âme et sa bonté. J'aurais tellement aimé qu'elle soit là, près de moi depuis deux ans. Elle aurait trouvé les mots pour m'apaiser, me consoler....Mais la mort de JULIE, elle ne l'a pas comprise, puisque sa maladie a effacé sa mémoire et pourtant, on l'a retrouvée avec une photo de JULIE dans sa poche. Petite maman, cette chanson et ce texte sont pour toi. Même si on doit me reprocher de ne plus te voir depuis un an, tellement d'accusations nous ont été assénés durant ces années, même si j'ai pardonné, j'ai mal de savoir notre famille détruite, mal de savoir que les liens de sang ne sont qu'illusion, mais c'est comme ça..
C'est en reconnaissant ses propres faiblesses, ses propres erreurs, que l'on peut mieux pardonner aux autres.
C'est par la souffrance que l'on a vécue et qu'on essaie de dépasser que l'on peut mieux comprendre les autres.
C'est par les blessures que l'on a subies et dont on essaie de guérir que l'on peut mieux aider les autres à guérir.
C'est par la peine dont on essaie de se consoler que l'on peut mieux consoler les autres.
Et c'est sûrement lorsque l'on se donne le droit de « VIVRE » que l'on peut mieux aider les autres à vivre et par l' « ESPOIR » que l'on espère renaître en soi que l'on peut mieux montrer le chemin de la liberté.
Les trois mots importants pour moi maintenant : ESPOIR-AMOUR-VIVRE.

Paradoxal, mais vital...

Pour vous, maman et toi ma JULIE.

PASCALE




# Posté le jeudi 25 juin 2009 08:10

Modifié le jeudi 25 juin 2009 11:14

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