« Retour au blog de jufifi

Pour toi ALAIN,

Je sais que tu n'as jamais aimé souhaiter le temps qui passe, une année supplémentaire, ton anniversaire.
Je sais que plus jamais tu ne voudras entendre le temps qui s'écoule maintenant sans elle.
Je sais tout cela et pourtant...aujourd'hui, dis-toi que ta JULIE attendrait avec impatience le moment de t'offrir ce cadeau.

Je sais aussi cette souffrance qui te détruit à petit feu et qui fait de toi maintenant un homme affaibli, meurtri ne pouvant faire face à ce drame.
Tu as su durant ces vingt-ans de vie commune avec dix-sept d'amour partagés avec ta fille, ton joyau, ta fierté te battre pour lui apporter tout ce dont elle avait besoin. Assouvir ses envies, sa passion : le cheval. Maintenant tu t'accuses de lui avoir donné cette passion, tu te culpabilises de l'avoir emmenée sur ce terrain de « jeu » qui sera celui de sa mort. Mais cela tu ne le savais pas. Qui pouvait le savoir ? Qui peut connaître demain, son heure ?

Je ne trouve plus les mots pour te consoler, les ai-je d'ailleurs prononcés, je ne sais pas, j'en doute.
Je suis tellement dans mon chagrin que j'en oublie le tien. Nous sombrons dans un mutisme où le silence nous protège de nos larmes. Je ne peux pas parler de JULIE devant toi, car je n'en suis pas capable, tellement ma douleur est grande. Je veux t'épargner et ne pas pleurer. Alors je t'écris, c'est plus simple pour moi. Peut-être ne liras-tu pas ce message... Mais ce blog me permet de te souhaiter un bon anniversaire à travers mes mots.....tout simplement.

Il n'y a pas de trajet imposé à la douleur. Chacun doit, à sa manière, en fonction de sa personnalité et de son histoire, être confronté à ce deuil que nous vivons tous les deux. Il faut que tu comprennes que la perte de JULIE est nécessairement différente pour chacun de nous. Nous n'évoluons pas à la même vitesse, ni au même rythme. Ne pas le comprendre, c'est nous exposer à des malentendus inutiles qui ne font qu'accroître le désarroi de chacun. Nous évoluons par « vagues » successives qui ne sont pas synchrones. Ainsi, il arrive que l'un des deux soit au plus bas quand l'autre ressent, pour un temps, un répit dans sa douleur et se sent d'humeur plus sereine. Ce décalage est mal vécu, quand nous pensons, à tort, que nous sommes seuls à porter ce deuil, ce drame. On en vient à s'adresser d'absurdes reproches et dans ce climat d'intense tension émotionnelle, chacun s'enferme dans sa solitude pour ne pas souffrir davantage de ces assauts.
Je pense qu'il est inutile de se faire du mal en révoquant ce qui s'est passé. Il faut beaucoup de courage et de respect pour parler et partager ses émotions que de rester tapi dans le confort illusoire d'un non-dit destructeur.
Même si tu ne crois en rien, qu'après la mort tout est fini, je respecte ton choix, après tout pourquoi pas, chacun a ces convictions et je les conçois, que la vie n'a plus de sens... pour ta fille, ton unique amour, bats-toi. Parce qu'elle ne demandait qu'à vivre et la mort nous l'a enlevée.
Alors en sa mémoire, pour elle, tu dois continuer, avancer, même si cela n'a plus d'intérêt.
Nous sommes-là, près de toi. N'en doute pas.

Je remets cette vidéo, car tout cet amour partagé avec elle, ces moments intenses de bonheur doivent te donner la force et le courage que tu as su lui inculquer, ces valeurs de la vie qui ont fait d'elle ce qu'elle était. Un être de lumière que personne n'oubliera. Elle avait ta gentillesse et ta force....Surtout, ne baisse pas les bras, surtout ne nous abandonne-pas..

Oh ma Julie, si tu savais comme la vie n'est plus pareille. Comment pourrait-elle être identique d'ailleurs ? Plus jamais, nous ne serons comme avant, plus jamais...

On t'aime ma chérie.

MAMAN


J'espère qu'un jour on jugera de ce que je fus par ce que j'ai su souffrir.
Jean-Jacques ROUSSEAU

# Posté le jeudi 18 juin 2009 12:01

Modifié le jeudi 18 juin 2009 13:39

« Article précédent : Vivre à en crever MOZART

Article suivant : Grégoire : ta main »